Le gouvernement a chargé J.L.Borloo de rédiger un rapport sur une approche économique de la biodiversité.
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La question de l'évaluation économique de la biodiversité "est a priori légitime, dès lors qu'un décideur doit faire un choix dont les conséquences affectent d'autres agents, note le rapport.
Le rapport échafaude un cadre méthodologique resté jusque-là flou voire inexistant, en vue de définir certaines valeurs de référence, afin que la valeur économique de la biodiversité soit à terme
prise en compte dans ces décisions publiques.
Mais donner un coût, "monétariser" un service rendu par un écosystème n'est pas chose aisée : "la problématique est sensiblement plus complexe que celle du changement
climatique", constate ainsi ce rapport, mais il reste "possible d'alimenter une approche coûts/avantages". Pour ce faire, de nombreux volets d'approche sont passés à la loupe, de l'approche
microéconomique à celles juridique et socioéconomique. Distinguant deux types de biodiversités possibles, le rapport aboutit au fait que celle dite "remarquable" ne supporte pas vraiment
l'approche économique, "et qu'il est sans doute préférable de mobiliser d'autres valeurs pour traiter de la gestion pertinente de ce patrimoine". Quant à la biodiversité "ordinaire", elle est
plus faiblement perçue par les citoyens mais reste chiffrable, selon les contextes et les services identifiés (auto-entretien des écosystèmes, approvisionnement, fonctions récréative, culturelle,
esthétique, etc). Exemples de valeurs passées au crible, avant d'être proposées par ce rapport : 970 euros par hectare et par an pour les écosystèmes forestiers métropolitains et a
minima 600 euros/ha/an pour les prairies.
Comme fixé par la saisine d'origine, ce rapport insiste également sur la biodiversité dans les collectivités d'outre-mer. Celle-ci "confère à la France une place unique au monde", avec "plus
du tiers de la biodiversité mondiale". Mais c'est dans ces territoires souvent insulaires que la plupart des espèces remarquables et des superficies moyennes d'écosystèmes s'étiolent à vue de
nez. Cinq grands types de pressions sur la biodiversité sont passés en revue par le rapport qui, in fine, formule des pistes en vue d'améliorer les connaissances et l'évaluation des écosystèmes,
aussi divers et riches soient-ils. Après avoir rappelé que la fiscalité sur le foncier non-bâti pénalise généralement les écosystèmes les plus riches, il suggère entre autres qu'une exonération
de cette taxe soit mise en oeuvre dans les zones humides et que l'Etat intègre à ses politiques de planification territoriale des indicateurs et valeurs permettant d'évaluer économiquement les
services rendus par les écosystèmes concernés, voire impactés
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Le "coût environnemental" passerait-il dans les moeurs ? Bonne nouvelle, en tous cas !
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