Incontestablement, le climat a changé au G8. D’abord parce que les huit pays les plus puissants et les plus
riches de la planète convient maintenant systématiquement leurs homologues moins favorisés. La Chine, l’Inde, le Brésil, le Mexique, l’Afrique du Sud, l’Egypte et l’Indonésie étaient ainsi à la
table des puissants. Il ne s’agissait pourtant que d’une rencontre ministérielle, mais celle des ministres de l’environnement qui, par définition, n’a guère de frontières. Le premier point à
l’ordre du jour, la biodiversité, n’a guère avancé. Depuis la réunion de Montpellier, les experts mondiaux réclament la création d’un organisme équivalent du groupe d’experts sur les gaz à effets
de serre (GIEC) qui serait capable de mettre une conférence internationale sur pied afin de prendre des mesures sur cette question. Mais nos amis les bêtes restent un sujet secondaire pour nombre
de pays, à commencer par les Etats-Unis qui font traîner toute décision. Le G8 s’est contenté d’adopter une charte en vingt-cinq points qui explique l’importance de préserver la
biodiversité : « les multiples challenges auxquels est confronté le monde aujourd’hui sont un signe évident de la nécessité de renforcer les efforts pour conserver et gérer de
façon responsable la biodiversité et les ressources naturelles »
Il n’en va pas de même sur le second point à l’ordre du jour. Sur le réchauffement climatique, les Etats-Unis de Barack Obama entendent marquer leur différence avec l’administration Bush. A la
veille du sommet des chefs d’Etat du G8 de juillet, et surtout avant la conférence de Copenhague qui renouvellera le protocole de Kyoto, la délégation américaine a confirmé la proposition Obama
d’un objectif de moins 25% d’émissions de CO2 d’ici à 2020, sur la base des émissions de 2005. L’Union européenne s’est pour sa part engagée, en décembre, à une réduction de 20% par rapport à son
niveau de 1990 qui pourrait aller jusqu’à 30% si une volonté internationale se dégager sur la question. Il reste donc du chemin à faire.