Nous aurions pu aussi aborder l'aspect "pillage du Tiers Monde", ainsi que l'exploitation des enfants pour produire ces vêtements inutiles et superflus dont le
monde occidental est gavé.
Cet aspect sociétal est souvent ignoré des grandes firmes, car les agriculteurs qui produisent ce coton et le vendent aux différents intermédiaires, ignorent le
danger d'utiliser des pesticides pour augmenter leur production, d'autant qu'on ne leur en n'a jamais expliqué les dangers.
D'autre part,ces grandes firmes, qui parfois dans un souci d'éthique feraient un effort pour informer du danger des insecticides, n'ont pas l'interlocuteur
disponible, mais uniquement le donneur d'ordre sur place, qui lui se fiche pas mal de la santé de agriculteurs !
"Ventre creux n'a point d'oreilles" !
Ces pauvres gens en Inde, en Chine, ou en d'autres endroits miséreux du monde, polluent aussi leur région, non seulement avec les pesticides, mais également en utilisant des teintures qui
souillent les nappes phréatiques, et les rendent impropres à la consommation.
Quelque part, au nom de ces malheureux, on serait presque tenté de traîner devant les tribunaux toutes ces "fashion victims", et tous ces "clones", qui
indirectement se font les alliés et complices de ces firmes qui exploitent le Tiers Monde.
Mais peut-être, peut-on leur accorder le bénéfice du doute, ou celui de l'ignorance ? Parce qu'ils ou elles ne savaient pas ...
Plus maintenant !
"Ce n'est pas par la satisfaction du
désir que s'obtient la liberté,mais par la destruction du désir" (EPICTETE)
Il faut avoir connu des ados malheureux pour crier haut et fort:
" Tendances,je vous hais !"
" Tendances ", je vous hais, parce que vous avez rendu esclaves un grand nombre d'ados, persuadés que par la mode et la dernière tendance vestimentaire, ils
allaient pouvoir, à la fois se fondre dans l'anonymat stéréotypé que procure la dernière fringue à la mode, mais aussi avoir l'impression de faire partie du clan.
Malheur à celui qui dès 10 -11 ans ne se conforme pas à la tendance. Il est montré du doigt par les filles et laissé à l'écart par les garçons.
Les créateurs de mode se frottent les mains, une victime de plus qui va rejoindre au plus vite le rang des "fashion victims", sous peine d'être exclue du goupe
!
Il faut avoir connu les cours de récréation et les arrivées au collège des gamines déguisées en StarAc pour comprendre le malaise de notre système éducatif, qui est
devenu le dernier lieu de rencontre de gamins que j'appelle "les orphelins du XXI siècle"...
Orphelins dans mon esprit, car on se demande bien en les voyant arriver le matin, s'ils ont des parents, ou encore un parent, tant leur tenue vestimentaire est
choquante !
L'enfant-roi est de loin le nouveau modèle de référence, il est celui qui a vite compris que l'arrivée d'un nouveau beau-père, ou d'une nouvelle belle-mère,
dans une famille recomposée, cela se monneyait à prix fort !
Il m'est arrivé dans des classes que je connaissais bien, et parce que je les respectais, et qu'ils connaissaient mon humour plutôt caustique, de demander en début
d'année :
"Tout le monde a son piercing, tout le monde a son tatouage sur l'épaule gauche, tout le monde a son mobile ? OK, on peut donc commencer l'année..."
Chacun de mes élèves avait parfaitement compris le message, également que mon message était plutôt un message de compassion à leur égard plus qu'une
critique.
Outre le fait que ces élèves sont détournés de leur véritable préoccupation scolaire, ils sont contraints par la société de consommation dans laquelle ils évoluent,
de se soumettre au diktat de la mode et des tendances, grèvant ainsi leur argent de poche, ou celui de leur parent, quand ils ne se "servent" pas directement dans les supermarchés ou boutiques,
au risque d'encourir leur première inscription dans un casier judiciaire.
Il faut avoir entendu les premières remarques de rentrée scolaire pour comprendre l'évolution d'une société où il y a encore quelques années l'attention des gamins
et de leurs parents était focalisée sur les cahiers et éventuellement cartables; aujourd'hui une bonne rentrée commence par le jeans à la mode pour les ados. Ce n'est plus la course aux cahiers,
mais aux dernières fringues et accessoires " tendance" .
Il faut avoir vu dans une salle de classe la vitesse de propagation du dernier collier tendance en plastique pour comprendre la facilité avec laquelle ces créateurs
de mode, ces créateurs de besoins opèrent.
Mais il faut aussi avoir perçu l'étonnante faculté de mimétisme propre à ces victimes de la mode qui fait que l'on peut s'interroger à la fois sur le manque
d'originalité de nos compagnes et cette incapacité à résister à la mini jupe même quand on la taille d'une Miranda.
Or ces manques, ces frustrations, ces désirs non assouvis, sont les moteurs aggravants de la détérioration de la planète et de ses ressources énergétiques
naturelles.
Quelques scientifiques ont indiqué que, le 9 octobre 2006, la planète Terre avait atteint le seuil de non renouvellement de nos ressources terrestres.
En clair, cela veut dire que ces marchands d'éphémères qui incitent nos riches pays occidentaux à consommer de l'inutile et du superflu sous forme d'accessoires et
de vêtements sans lendemain, sont des prophètes de malheur,des "tueurs de planète" !
(à suivre)